Aphotique
Aphotique qualifie un milieu dont la lumière solaire est absente ou trop faible pour assurer une photosynthèse nette durable. Les usages diffèrent : certaines zonations opposent simplement photique et aphotique, tandis qu’une zonation à trois niveaux distingue aussi une zone dysphotique, faiblement éclairée. La distinction entre ces conventions évite de confondre absence de production photosynthétique et absence de lumière détectable.
Plusieurs limites lumineuses
La zone euphotique permet une production photosynthétique significative. Une irradiance photosynthétiquement active égale à 1 % de la valeur sous la surface constitue un repère optique fréquent pour sa limite inférieure. Ce repère ne coïncide pas nécessairement avec le niveau où production et respiration se compensent : les organismes, leur acclimatation et la durée d’éclairement interviennent également.
Dans la zonation marine à trois niveaux employée par la NOAA, la zone dysphotique reçoit encore une lumière faible, insuffisante pour la photosynthèse, alors que la zone aphotique correspond à l’obscurité solaire. Ces limites sont souvent illustrées par des profondeurs océaniques indicatives. Elles ne constituent pas des seuils universels applicables à une eau côtière, à un lac ou à un bassin.
Ce qui module la pénétration de la lumière
L’absorption par l’eau et les substances dissoutes, la diffusion par les particules, le rayonnement incident et son spectre déterminent l’éclairement en profondeur. Le coefficient d’atténuation diffuse caractérise sa diminution ; il dépend notamment de la longueur d’onde. Une forte turbidité peut rendre une eau peu éclairée à faible profondeur.
L’obscurité solaire n’exclut pas toute émission lumineuse locale : la bioluminescence provient d’organismes. Elle ne transforme pas à elle seule une masse d’eau profonde en zone euphotique. Les organismes peuvent utiliser la matière organique descendant des couches éclairées, des proies mobiles ou, dans certains milieux, une production chimiosynthétique.
La lumière, l’oxygène et la profondeur décrivent des propriétés différentes. Un milieu aphotique n’est pas nécessairement anoxique, et un étage pélagique ne se définit pas uniquement par son éclairement. Dans une étude, les mesures optiques et la convention de zonation précisent le sens du terme.