Articulation intramandibulaire
Une articulation intramandibulaire est une zone de mobilité située à l’intérieur de la mâchoire inférieure d’un poisson. Elle s’ajoute à l’articulation qui relie la mandibule au reste du crâne. Deux parties de cette mâchoire peuvent ainsi changer d’angle l’une par rapport à l’autre, ce qui modifie la géométrie de la bouche pendant la capture de nourriture.
Une mobilité supplémentaire
La mandibule n’agit pas toujours comme une pièce rigide. Une articulation interne permet une flexion ou une rotation entre ses éléments, selon leur disposition et leurs connexions. Cette mobilité se combine aux mouvements du crâne, des muscles et des ligaments. Elle est distincte de l’ouverture ordinaire de la bouche autour de son articulation principale.
La protrusion, c’est-à-dire l’avancée de la bouche, constitue une autre propriété mécanique. Une bouche protractile peut exister sans articulation intramandibulaire. Inversement, la présence d’une articulation interne ne renseigne pas à elle seule sur l’amplitude de protrusion ou la force exercée sur une proie.
Fonctions observées
Chez le gourami embrasseur, Helostoma temminckii, cette organisation participe à une grande ouverture et à l’avancée des mâchoires. Ferry, Konow et Gibb ont comparé la capture de nourriture dans plusieurs contextes et chez différents anabantoïdes. Les gouramis embrasseurs étudiés combinaient une grande ouverture avec une contribution relativement faible de la succion ; les auteurs proposent un lien avec le raclage du substrat.
Ces résultats décrivent les poissons et les situations expérimentales étudiés. Ils ne démontrent pas que toute articulation intramandibulaire impose ce régime. Les travaux sur Girella envisagent aussi les conséquences sur la production de force lors de la morsure. Des organisations comparables se sont développées indépendamment dans plusieurs lignées de téléostéens.
Interprétation fonctionnelle
La mobilité supplémentaire peut changer l’orientation des dents et la surface de contact avec un support. Son intérêt dépend cependant de l’ensemble du dispositif alimentaire. Le régime, la forme des os et les mouvements réels pendant l’alimentation apportent des informations complémentaires.
Un caractère anatomique présent ne prouve donc ni une performance mesurée ni une spécialisation exclusive. L’anatomie décrit les mouvements possibles ; l’analyse cinématique et les mesures mécaniques évaluent ceux que l’animal réalise effectivement.