Avulsion fluviale
Une avulsion fluviale est l’abandon rapide d’un chenal par une part importante du débit au profit d’un nouveau tracé durable sur la plaine alluviale. Elle diffère de la migration progressive d’un méandre : le changement de cours est relativement brusque et peut déplacer la zone d’écoulement sur une distance bien supérieure à la largeur du chenal initial.
Déclenchement
L’avulsion devient possible lorsque le lit et ses levées s’élèvent par accumulation de sédiments par rapport aux terrains voisins. Une crue, une rupture de levée, un embâcle ou l’érosion d’un passage vers une pente plus forte peut alors détourner l’écoulement. Le nouveau chenal se maintient si sa capacité de transport et sa pente lui permettent de capter durablement le débit ; sinon, la dérivation peut rester temporaire.
La fréquence dépend notamment du taux d’aggradation, de la profondeur du chenal, de la mobilité des berges, de la pente régionale et de la topographie héritée. Elle varie donc fortement entre deltas, cônes alluviaux, rivières anastomosées et plaines d’inondation.
Effets
Une avulsion redistribue eau et sédiments, construit la stratigraphie alluviale et peut créer des bras morts, marais ou nouveaux corridors aquatiques. Elle modifie brutalement les habitats, les prises d’eau, les ouvrages et le risque d’inondation. Le phénomène est naturel dans certains cours d’eau, mais digues, barrages, extractions ou affaissement du sol peuvent en modifier la probabilité et les conséquences.