Blanchissement corallien

Le blanchissement corallien est la perte de coloration d’un corail liée à la diminution de ses microalgues symbiotiques ou de leurs pigments. Chez un corail à squelette calcaire, les tissus devenus plus translucides laissent apparaître le squelette blanc. Ce changement signale une perturbation de la symbiose ; il ne signifie pas à lui seul que la colonie est morte.

Rupture de la symbiose

Les microalgues souvent appelées zooxanthelles vivent dans les tissus du corail et lui fournissent une part importante des produits de leur photosynthèse. Sous certaines contraintes, leur fonctionnement se dérègle et leur densité ou leur pigmentation diminue. La colonie perd alors une partie de sa couleur et de cette ressource énergétique.

Une température anormalement élevée de l’eau est le principal facteur des épisodes massifs observés à l’échelle des récifs. Une température trop basse, des changements de lumière, la pollution ou certaines variations du milieu peuvent également déclencher un blanchissement. La réponse dépend de l’espèce de corail, des symbiotes, de l’intensité et de la durée de l’exposition ainsi que de l’histoire environnementale de la colonie. La seule mesure d’une température ponctuelle ne résume donc pas le risque.

Récupération ou mortalité

Un corail blanchi peut rester vivant et récupérer si les conditions s’améliorent suffisamment tôt. Lorsque le stress persiste, la perte des symbiotes compromet son approvisionnement énergétique et augmente le risque de mortalité. Des épisodes rapprochés peuvent toucher des colonies qui n’ont pas achevé leur récupération ; leurs effets concernent alors la composition et le fonctionnement des récifs de coraux durs.

Les observations de Hughes et de ses collaborateurs sur les épisodes australiens de 2015–2016 relient la gravité du blanchissement aux températures de surface et à l’exposition thermique locale. Elles montrent aussi les limites d’une protection locale face à un stress thermique intense : un récif mieux protégé contre certaines pressions reste exposé aux vagues de chaleur marines.

Interprétation d’une observation

Une colonie pâlie, une colonie dont les tissus sont morts et un squelette colonisé par d’autres organismes correspondent à des états différents. Leur distinction repose sur l’examen des tissus et sur des observations répétées, associées aux conditions du milieu. La photographie d’un corail blanc ne suffit pas à établir la cause, la durée ni l’issue du phénomène.

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