Coraux durs

Les coraux durs, ou coraux scléractiniaires, sont des cnidaires marins de l’ordre des Scleractinia. Leurs polypes sécrètent un squelette externe principalement constitué d’aragonite. De nombreuses espèces vivent en colonies et contribuent à construire les récifs tropicaux, mais l’ordre comprend aussi des formes solitaires, profondes ou dépourvues de symbiontes photosynthétiques.

Classification et anatomie

Les Scleractinia appartiennent aux Hexacorallia, et non aux Octocorallia. Leurs polypes présentent une organisation à symétrie généralement hexamère, mais le nombre de tentacules visible ne suffit pas à identifier un taxon. Chaque polype dépose sous ses tissus un exosquelette de carbonate de calcium sous forme d’aragonite. Les cloisons, corallites et autres caractères du squelette contribuent à l’identification morphologique.

Une espèce peut être solitaire ou former une colonie par multiplication asexuée des polypes. La forme massive, branchue, foliacée ou encroûtante dépend à la fois de la lignée, du développement et de l’environnement. Elle ne permet donc pas toujours une détermination au niveau de l’espèce.

La couche calicoblastique située sous les tissus contrôle le milieu où précipite l’aragonite. La matrice organique, le transport des ions calcium et carbonate ainsi que la régulation du pH participent à cette biomineralisation. Le squelette porte les corallites occupés par les polypes et conserve des caractères utiles après la disparition des tissus, mais l’érosion et la plasticité de croissance peuvent les modifier.

Symbiose et construction récifale

Beaucoup de scléractiniaires tropicaux hébergent dans leurs cellules des dinoflagellés photosynthétiques, principalement de la famille des Symbiodiniaceae. Les composés produits par la photosynthèse soutiennent le métabolisme de l’association et peuvent favoriser la calcification. Cette symbiose n’est cependant pas universelle : de nombreux coraux durs azooxanthellés vivent en profondeur ou dans des eaux froides.

Les espèces bâtisseuses accumulent des squelettes qui participent, avec les organismes encroûtants, les sédiments et les processus physiques, à l’édification d’un récif. Tous les Scleractinia ne construisent pas de récif, et un récif corallien n’est pas constitué uniquement de coraux vivants. Le genre Acropora fournit des exemples importants de bâtisseurs tropicaux sans représenter toute la diversité de l’ordre.

Stress, blanchissement et mortalité

Une perturbation de la symbiose peut entraîner la perte d’une partie des Symbiodiniaceae ou de leurs pigments. Les tissus deviennent alors translucides et laissent voir le squelette blanc : ce blanchissement n’est pas une disparition immédiate du tissu ni une preuve automatique de mort. Sa durée, son intensité, l’espèce, l’état énergétique et les conditions qui suivent déterminent les possibilités de récupération.

Température anormale, forte irradiance, pollution, maladie, sédimentation et acidification peuvent altérer physiologie ou calcification par des mécanismes différents. Un squelette blanc déjà dénudé, colonisé par des algues ou recouvert de sédiment correspond à une situation distincte d’un polype vivant mais blanchi.

Identification et limites

« Coraux durs » est un nom d’usage utile, mais les limites des familles et des genres évoluent avec les données morphologiques et moléculaires. Une identification robuste associe les caractères du squelette et des tissus, la provenance et un référentiel taxonomique daté. Ce périmètre exclut les hydrocoraux calcifiés et d’autres organismes auxquels le langage courant applique aussi le nom de corail.

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