Carpe commune

La carpe commune, Cyprinus carpio, est un grand cyprinidé d’eau douce originaire d’Eurasie, domestiqué depuis des siècles et introduit sur de nombreux continents. Omnivore et fouilleuse, elle exploite surtout les habitats lents ou stagnants à fond meuble. Sa grande plasticité écologique explique son importance en pisciculture, mais aussi ses effets possibles dans les milieux où elle a été introduite.

Identification et formes domestiques

Le corps est allongé et comprimé latéralement, avec une longue base de nageoire dorsale. La bouche protractile porte deux paires de barbillons, caractère utile pour la distinguer du carassin. Le premier rayon dur de la dorsale et celui de l’anale présentent un bord postérieur denticulé. La coloration sauvage est généralement brun-verdâtre sur le dos et plus claire sur le ventre.

La sélection domestique a produit de nombreuses souches. Les carpes dites miroir portent de grandes écailles irrégulièrement réparties ; les carpes cuir en ont très peu ; les carpes entièrement écaillées conservent une couverture plus continue. Ces phénotypes relèvent tous de Cyprinus carpio. La carpe koï correspond à des lignées ornementales sélectionnées surtout pour leur coloration et leurs motifs.

Écologie et reproduction

La carpe commune consomme des invertébrés benthiques, du zooplancton, des graines et des débris végétaux. En fouillant le sédiment, elle peut remettre en suspension des particules et des nutriments ; l’intensité de cet effet dépend de sa densité, de la profondeur, du substrat et du fonctionnement du plan d’eau.

La reproduction se déroule en eau peu profonde, souvent sur une végétation submergée. Les œufs deviennent adhésifs au contact de l’eau et les larves passent ensuite d’une alimentation endogène à la capture de très petites proies. La croissance et l’âge à maturité varient fortement avec la température, la souche et les conditions trophiques.

Santé et gestion

Toutes les variétés et sous-espèces de carpe commune sont concernées par le périmètre de sensibilité retenu par l’Organisation mondiale de la santé animale pour l’infection par l’herpèsvirus de la carpe koï. Les introductions, transferts et mélanges de lots constituent donc des enjeux de biosécurité, indépendamment de la valeur alimentaire ou ornementale du poisson.

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