Collembole
Les collemboles (Collembola) sont de petits hexapodes aptères dont les pièces buccales sont enfermées dans une poche de la tête. Ils vivent surtout dans les sols, les litières, les mousses et les habitats humides. Leur position exacte parmi les hexapodes reste discutée, mais ils ne font pas partie des insectes au sens phylogénétique actuel.
Morphologie
L’abdomen comporte six segments, parfois fusionnés. Le premier porte un tube ventral appelé collophore, impliqué dans l’absorption d’eau, l’équilibre ionique et l’adhérence. Chez de nombreuses espèces, le quatrième porte une furca : cet appendice fourchu, maintenu sous l’abdomen par un rétinacle, se détend brusquement et projette l’animal. Les lignées vivant dans le sol profond peuvent avoir une furca réduite ou absente.
Leur cuticule présente une microstructure très peu mouillable qui limite l’inondation des voies respiratoires cutanées. Les collemboles respirent principalement à travers la surface du corps ; quelques groupes possèdent un système trachéen. Leur petite taille et leur sensibilité à la dessiccation expliquent leur association fréquente avec les microhabitats humides.
Rôle écologique
La plupart consomment des hyphes et spores de champignons, des algues, des bactéries, du pollen ou de la matière organique en décomposition. Ils fragmentent les ressources, modifient les communautés microbiennes et participent aux réseaux trophiques du sol. Leur effet sur la décomposition varie selon l’espèce, le substrat, l’humidité et les microorganismes présents ; ils ne sont pas de simples détritivores interchangeables.
Milieux aquatiques
Quelques espèces, notamment Podura aquatica et Anurida maritima, se déplacent sur l’eau grâce à la tension superficielle, à leur cuticule hydrophobe et à leur furca. D’autres individus ne font qu’y dériver après une pluie ou un ruissellement. La présence de collemboles à la surface d’un aquarium reflète souvent un apport de matière organique ou un habitat humide voisin, sans constituer un indicateur universel de qualité de l’eau.
Des cultures terrestres servent parfois de petites proies vivantes pour des poissons ou des amphibiens de surface. Leur valeur alimentaire dépend de l’espèce élevée et du substrat de culture, tandis qu’une culture contaminée peut introduire acariens, moisissures ou résidus indésirables.