Comblement
Le comblement est la diminution progressive de la profondeur ou du volume disponible d’une dépression, d’un chenal, d’une lagune ou d’un plan d’eau par accumulation de sédiments minéraux et organiques. Il constitue une étape normale de nombreux systèmes aquatiques, mais son rythme peut être fortement modifié par les activités humaines.
Sources et processus
Les apports externes proviennent de l’érosion des sols et des berges, des cours d’eau tributaires, du transport littoral ou marin et des poussières atmosphériques. Les apports internes comprennent les restes d’organismes, les précipitations minérales et les particules remises en suspension puis redéposées. Leur somme est comparée aux sorties par érosion, transport vers l’aval ou dragage dans un bilan sédimentaire.
Les crues déposent parfois en quelques jours une couche importante, tandis que les périodes calmes favorisent l’accumulation des particules fines. La végétation ralentit l’écoulement et piège les sédiments ; elle accompagne souvent la transition d’une zone peu profonde vers un marais puis un milieu terrestre. Dans un réservoir, le barrage interrompt une partie du transit sédimentaire et concentre les dépôts en amont.
Évaluation
Le déboisement, les travaux, certaines pratiques agricoles et l’érosion des berges peuvent accroître les apports. À l’inverse, des retenues en amont peuvent réduire l’alimentation sédimentaire d’une lagune ou d’un delta. Dragage, curage et chasse hydraulique retirent ou remobilisent les dépôts, avec des effets dépendant du devenir des matériaux et de leur contamination éventuelle.
Des levés bathymétriques répétés quantifient la variation de volume et localisent les dépôts. Les carottes sédimentaires renseignent sur leur nature et leur chronologie grâce à la stratigraphie ou à des traceurs isotopiques. Les mesures de matière en suspension et de débit permettent d’estimer les flux, mais une pointe de turbidité isolée ne démontre pas un gain net de sédiment sur le fond.
Le comblement réduit le volume d’eau, transforme les habitats benthiques et littoraux, modifie la température et peut diminuer la capacité de stockage d’une retenue. Certains dépôts créent aussi des vasières et roselières à forte valeur écologique. L’effet biologique dépend donc de la vitesse, de la granulométrie, de la qualité chimique des matériaux et des habitats remplacés.