Couche limite
Une couche limite est la région d’un fluide située au voisinage d’une surface, dans laquelle les effets visqueux ne peuvent pas être négligés et où la vitesse varie fortement. Sur une surface solide soumise à la condition de non-glissement, la vitesse relative du fluide est nulle au contact puis rejoint progressivement celle de l’écoulement extérieur. Cette région contribue directement aux contraintes de frottement exercées sur un poisson.
Formation et évolution
La couche limite se développe depuis l’amont d’une surface et son épaisseur augmente généralement vers l’aval dans un écoulement attaché simple. Son état peut être laminaire, transitionnel ou turbulent. Le gradient de pression, la courbure, la rugosité, le mouvement de la surface et le nombre de Reynolds influencent son évolution.
Lorsque le fluide proche de la paroi ne peut plus suivre un gradient de pression défavorable, la couche limite peut se séparer. Cette séparation modifie le sillage, la traînée et les structures tourbillonnaires. Elle ne se déduit pas de la seule silhouette de l’animal.
Chez les poissons
Le corps d’un poisson est déformable, mobile et souvent recouvert de mucus et d’écailles. Sa couche limite est donc instationnaire et couplée aux ondulations du corps et des nageoires. Les modèles établis pour une plaque rigide fournissent des repères, mais ne reproduisent pas automatiquement cette complexité.
La mesure exige une résolution spatiale et temporelle suffisante près de la surface. La vélocimétrie par images de particules et la mécanique des fluides numérique peuvent caractériser la vitesse et le cisaillement, sous réserve d’un étalonnage, de conditions aux limites et d’hypothèses adaptés.
Références
- Anderson E. J., McGillis W. R. et Grosenbaugh M. A. (2001). « The boundary layer of swimming fish ». Journal of Experimental Biology, 204, 81–102. https://doi.org/10.1242/jeb.204.1.81
- Lucas K. N., Dabiri J. O. et Lauder G. V. (2017). « A pressure-based force and torque prediction technique for the study of fish-like swimming ». PLOS ONE, 12, e0189225. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0189225