Crête ectodermique apicale
La crête ectodermique apicale est une région proliférative transitoire située au bord distal d’un bourgeon de membre ou de nageoire. Elle contribue à organiser la croissance du mésenchyme sous-jacent. Le terme est surtout étudié chez les tétrapodes, où un épaississement ectodermique fonctionne comme centre de signalisation ; son organisation et son devenir diffèrent chez les poissons.
Signaux et croissance du bourgeon
Les cellules de cette région produisent notamment des facteurs de croissance de la famille FGF. Chez les modèles de développement des membres, ces signaux entretiennent la prolifération des cellules distales et interagissent avec les réseaux qui organisent les axes de l’appendice. L’expérience de Niswander et ses collaborateurs montre qu’un apport de FGF-4 peut remplacer certaines fonctions de la crête dans le bourgeon de membre étudié.
Cette observation ne signifie pas que la crête fabrique directement les os ou les muscles. Elle agit sur le mésenchyme, dont les cellules donnent ensuite plusieurs tissus. Les conséquences d’une interruption de son activité dépendent du stade : une perturbation précoce et une perturbation tardive ne suppriment pas les mêmes parties de l’appendice.
Membres et nageoires
Chez les poissons, la partie distale du bourgeon de nageoire possède également un ectoderme spécialisé. Au cours du développement des téléostéens, cette région évolue vers un repli ectodermique apical, alors que la crête du membre des tétrapodes régresse selon une autre trajectoire. Des fonctions de signalisation communes n’effacent donc pas les différences anatomiques et temporelles.
La comparaison contribue à comprendre l’évolution des nageoires paires et des membres. Elle demande de préciser l’espèce, l’appendice et le stade observés. La structure observée chez le poisson-zèbre ne représente pas à elle seule toutes les crêtes ectodermiques apicales des vertébrés.
Distinguer les structures
La crête ectodermique apicale appartient au tissu externe du bourgeon. Elle se distingue de la crête neurale, population cellulaire d’une autre origine embryonnaire, ainsi que des reliefs cutanés permanents visibles chez l’adulte. Le mot « crête » décrit ici une organisation du développement et une fonction de signalisation, pas seulement une forme saillante.