Croissance
La croissance est l’augmentation irréversible de la taille ou de la masse d’un organisme au cours du temps. Chez un poisson, elle résulte de la production et de l’agrandissement des cellules, de l’accumulation de tissus et du développement des organes. Elle décrit une trajectoire individuelle ; l’augmentation de biomasse d’un élevage dépend aussi des recrutements, transferts et mortalités.
Grandeurs mesurées
La masse, la longueur totale, la longueur standard, la hauteur du corps ou le volume peuvent être suivis. Les balances usuelles estiment une masse même si le langage d’élevage emploie souvent « poids ». Anesthésie, contenu digestif, hydratation, maturation gonadique et heure de mesure introduisent une variation qui ne correspond pas toujours à du tissu nouvellement produit.
La relation entre longueur et masse suit souvent une loi de puissance M = aL^b. Une valeur de b proche de 3 correspond à une croissance approximativement isométrique ; une autre valeur traduit une relation allométrique ou un changement de condition. Les coefficients dépendent de l’espèce, du sexe, du stade, de la saison et de la plage de tailles étudiée.
Taux de croissance
Le taux absolu rapporte une variation de masse ou de longueur à une durée, par exemple en grammes par jour. Le taux relatif exprime le gain par rapport à la valeur initiale. Le taux de croissance spécifique est souvent calculé par 100[ln(M2)-ln(M1)]/(t2-t1) et exprimé en pourcentage par jour. Cette formule représente une croissance exponentielle moyenne entre deux dates, non la succession détaillée des vitesses intermédiaires.
Deux taux portant le même nom ne deviennent comparables qu’avec la même grandeur, la même formule et des intervalles compatibles. Un pourcentage calculé sur la masse moyenne d’un lot diffère de la moyenne des taux individuels, surtout lorsque la dispersion des tailles ou la mortalité est importante.
Trajectoires et modèles
La croissance des poissons est souvent indéterminée au sens où elle peut se poursuivre après la maturité, mais elle ralentit généralement avec l’âge et ne reste pas exponentielle. La fonction de von Bertalanffy décrit fréquemment l’approche de la longueur vers une asymptote théorique. Ses paramètres résument les données observées et ne constituent ni une taille maximale absolue ni une preuve du mécanisme physiologique.
Les suivis individuels donnent directement un changement entre mesures répétées. Les structures calcifiées, distributions de tailles et données de marquage permettent aussi d’estimer âge et croissance dans les populations sauvages, avec des hypothèses propres à chaque méthode.
Facteurs biologiques et environnementaux
L’énergie assimilée est répartie entre entretien, activité, réponse au stress, reproduction et production de nouveaux tissus. Température, oxygène, ration, qualité nutritionnelle, densité, hiérarchie sociale, santé et génotype modifient ce bilan. Une croissance ralentie peut donc accompagner une restriction alimentaire, une maladie ou une maturation, sans constituer à elle seule un diagnostic.
Une croissance rapide n’équivaut pas automatiquement à un bon état de bien-être. Composition corporelle, déformations, mortalité, comportement, efficacité alimentaire et variabilité entre individus complètent l’interprétation. Une moyenne de lot élevée peut masquer des animaux dominés qui grandissent peu.


