Cul de grève
Un cul de grève est une dépression abrupte et instable située à l’extrémité aval d’un banc de sable de la Loire et de certains cours d’eau sableux voisins. Cette expression ligérienne désigne le talus immergé où une grève peu profonde se termine brusquement dans une eau beaucoup plus profonde. Le sable y reste mobile sous l’action du courant.
Formation et dynamique
Le banc se construit et se déplace avec le transport des sédiments. À son extrémité aval, les grains basculent sur une pente sous-marine dont la forme évolue avec le débit, les crues et les déplacements du chenal. La profondeur peut ainsi changer rapidement et atteindre plusieurs mètres. Le cul de grève ne correspond ni à un ouvrage ni à une catégorie hydromorphologique nationale : c’est un terme régional décrivant une forme particulière du lit sableux.
Enjeu écologique et danger
La rupture de profondeur, le courant et les remous créent une interface entre des habitats hydrauliques différents, susceptible d’être fréquentée par des poissons. Cette présence dépend toutefois de l’espèce, de la saison et de la configuration du chenal ; elle ne prouve pas une oxygénation ou une richesse alimentaire systématiquement supérieure.
Pour les baigneurs, la transition presque invisible entre la grève et le talus constitue un danger majeur. Le sable peut se dérober sous les pieds, tandis que le courant et la pente mobile rendent le retour vers la faible profondeur difficile.