Développement direct
Le développement direct est un cycle de vie dans lequel le jeune éclot ou naît avec une morphologie générale proche de celle de l’adulte, sans phase larvaire libre distincte. Chez les amphibiens concernés, les transformations qui conduisent à la forme juvénile se déroulent dans l’œuf ou dans l’organisme maternel plutôt qu’après l’éclosion dans l’eau.
Une diversité de trajectoires
Ce mode de développement est apparu indépendamment dans plusieurs lignées d’amphibiens, notamment chez des anoures, des urodèles et des gymnophiones. Chez la grenouille Eleutherodactylus coqui, l’embryon se développe dans un gros œuf riche en vitellus et éclot sous la forme d’une petite grenouille. Il possède transitoirement une queue vascularisée et forme précocement ses membres, mais ne traverse pas un stade de têtard nageur et autonome.
L’absence de larve libre ne signifie pas que tous les mécanismes larvaires ont disparu. Chez E. coqui, des remaniements contrôlés par les hormones thyroïdiennes ont lieu avant l’éclosion. Ils correspondent à une métamorphose internalisée ou cryptique, dont le calendrier et les structures diffèrent de ceux des espèces à cycle biphasique.
Conséquences écologiques
Le développement direct réduit la dépendance à une mare ou à un cours d’eau pour la croissance larvaire. Il permet l’utilisation de sites de ponte terrestres humides, mais rend l’embryon tributaire des réserves de l’œuf, de son microclimat et parfois des soins parentaux. Les œufs sont généralement plus gros et moins nombreux que chez de nombreuses espèces produisant des larves aquatiques.
Ce terme décrit une trajectoire ontogénétique, non un habitat adulte. Une espèce à développement direct peut vivre au sol, dans la végétation ou dans des cavités, et les modalités de ponte, de gestation et de protection des embryons varient fortement entre lignées.