Durophagie
La durophagie est la consommation de proies protégées par une enveloppe ou un squelette dur, tels que mollusques, crustacés et échinodermes. Elle exige de saisir, fracturer, écraser, perforer ou décortiquer la proie avant l’ingestion. Cette stratégie alimentaire dépend à la fois de la résistance de la proie, de la taille du prédateur et de son appareil bucco-pharyngien.
Adaptations mécaniques
Chez les poissons durophages, des dents arrondies ou en plaques, des mâchoires robustes et des muscles adducteurs puissants peuvent produire et transmettre de fortes contraintes. Les mâchoires pharyngiennes participent aussi au broyage chez plusieurs téléostéens. La forme du crâne, la surface d’appui, l’orientation des dents et le comportement complètent la seule force de morsure. Une grande force appliquée sur une petite zone facilite la fissuration, tandis qu’une large surface occlusale convient davantage à l’écrasement.
La performance ne dépend pas seulement de la dureté : l’épaisseur, la forme, les défauts de la coquille et la façon dont la proie est positionnée modifient l’effort nécessaire. La capacité évolue souvent avec la taille : une proie trop résistante pour un juvénile devient accessible à un adulte à mesure que ses mâchoires et ses muscles grandissent.
Portée écologique
La durophagie décrit une fonction, non un groupe taxonomique. Elle a évolué indépendamment chez des requins, des raies, des cichlidés, des labres, des poissons-ballons et d’autres lignées. Certains poissons sont des spécialistes, alors que d’autres n’exploitent des proies dures qu’à certaines tailles ou lorsque celles-ci sont abondantes.
Les fragments de coquilles, l’usure dentaire ou la morphologie des mâchoires renseignent sur cette alimentation, mais ne prouvent pas seuls le régime effectivement consommé. L’observation des contenus digestifs, des traces de prédation et du comportement permet de distinguer une capacité mécanique d’un usage écologique régulier.