Espèces clés
Une espèce clé exerce sur la structure ou le fonctionnement d’un écosystème un effet disproportionné par rapport à son abondance. Sa diminution peut provoquer des changements en cascade dans les populations, les interactions trophiques ou l’habitat. Le statut ne découle pas de la taille, de la rareté ou de l’intérêt économique de l’espèce.
Un rôle dépendant du contexte
Le concept est né d’expériences de retrait d’un prédateur, l’étoile de mer Pisaster ochraceus, qui ont montré une forte réorganisation de la communauté intertidale. Il a ensuite été étendu aux prédateurs, herbivores, ingénieurs de l’écosystème, mutualistes et autres organismes capables de modifier des processus écologiques majeurs.
Une espèce dominante peut produire un effet considérable principalement en raison de sa biomasse, sans être une espèce clé au sens strict. À l’inverse, une espèce peu abondante peut contrôler un compétiteur dominant, créer un habitat ou maintenir une interaction indispensable. La force et le mécanisme de cet effet s’évaluent dans un système, une région et une période définis ; le même taxon n’est pas nécessairement clé partout.
Les expériences de retrait, les séries temporelles, les gradients naturels et les modèles de réseaux trophiques apportent des niveaux de preuve complémentaires. Une simple corrélation entre présence d’une espèce et diversité élevée ne suffit pas à établir le rôle causal.