Estomac
L’estomac est une région spécialisée du tube digestif des vertébrés, située entre l’œsophage et l’intestin, qui reçoit les aliments et participe à leur digestion. Chez les poissons possédant un véritable estomac glandulaire, il associe stockage, brassage et digestion acide des protéines. Plusieurs lignées de poissons en sont dépourvues : une dilatation du tube digestif ne suffit donc pas à identifier un estomac fonctionnel.
Une digestion acide et enzymatique
Les glandes de la paroi gastrique sécrètent de l’acide chlorhydrique et du pepsinogène, précurseur de la pepsine. L’acidification modifie la structure des protéines alimentaires et favorise l’activation de cette enzyme, qui commence leur dégradation. Le contenu est ensuite transféré vers l’intestin, où la digestion se poursuit et où s’effectue une grande partie de l’absorption.
Le pylore marque la sortie de l’estomac. Les appendices pyloriques, présents chez certains poissons, sont des prolongements du tube digestif proches de cette région ; leur présence ne les transforme pas en compartiments gastriques.
La forme de l’organe varie : sac, région coudée ou portion plus allongée. Sa reconnaissance repose à la fois sur la position anatomique, la structure de la muqueuse et les fonctions sécrétoires, plutôt que sur sa seule silhouette après ouverture du poisson.
Les poissons sans estomac glandulaire
L’absence d’estomac ne constitue pas nécessairement une anomalie. Elle caractérise plusieurs lignées chez lesquelles l’organisation digestive s’est modifiée au cours de l’évolution. Les comparaisons génomiques de Castro et ses collègues ont montré une association entre la perte répétée du phénotype gastrique et celle de gènes liés à la digestion peptique acide chez les gnathostomes étudiés.
Cette association évolutive ne permet pas de déduire toute l’anatomie d’un poisson à partir d’un seul résultat génétique. Elle ne signifie pas non plus qu’un poisson sans estomac digère mal : son système intestinal et ses sécrétions assurent autrement les étapes nécessaires à l’utilisation des aliments. Pour comparer des régimes ou interpréter une observation anatomique, il faut donc connaître l’espèce et distinguer estomac glandulaire, œsophage et intestin antérieur.