Exuviation chez les amphibiens

L’exuviation chez les amphibiens est le renouvellement périodique de la couche la plus externe de l’épiderme. La peau superficielle se détache généralement en une pellicule continue que l’animal retire par des mouvements du corps et des membres. Beaucoup d’anoures avalent ensuite cette enveloppe, ce qui rend une mue normale brève et parfois difficile à observer.

Une fonction physiologique

La couche éliminée est remplacée par une couche sous-jacente arrivée à maturité. Ce renouvellement entretient la barrière cutanée et participe au contrôle des microorganismes présents en surface. Il concerne une peau essentielle aux échanges d’eau, d’électrolytes et de gaz chez l’amphibien.

Pendant la mue, la perméabilité et le transport ionique peuvent être temporairement modifiés. L’animal adopte des mouvements caractéristiques : contractions du tronc, frottement avec les membres et ouverture de la bouche pour saisir la peau détachée. La fréquence varie entre espèces et individus, ainsi qu’avec la température, le stade de vie et l’état physiologique.

Relations avec la santé

Une exuviation visible n’est pas en elle-même pathologique. Des lambeaux persistants, une mue très fréquente, une coloration anormale ou des troubles du comportement peuvent cependant accompagner une irritation, une mauvaise qualité du milieu ou une affection cutanée.

Lors de la chytridiomycose, la fréquence de mue peut augmenter avec la charge de Batrachochytrium dendrobatidis. Cette accélération ne suffit pas nécessairement à réduire l’infection et peut aggraver les perturbations hydriques et électrolytiques. L’exuviation peut aussi diminuer momentanément la matière recueillie lors d’un prélèvement cutané. Elle doit donc être interprétée avec la kératinisation, l’état général et les résultats analytiques.

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