Kératinisation
La kératinisation désigne la différenciation de cellules épithéliales qui accumulent des protéines de kératine et acquièrent des propriétés mécaniques protectrices. Chez les vertébrés terrestres, sa forme la plus poussée produit une couche cornée de cellules mortes. Chez les poissons, ce modèle ne s’applique pas à l’ensemble de la surface corporelle : l’épiderme aquatique demeure généralement vivant jusque dans ses couches superficielles.
Une barrière différente chez les poissons
L’épiderme des poissons comporte des kératines du cytosquelette, mais il n’est habituellement pas recouvert par une couche cornée continue comparable à celle des mammifères. Ses cellules superficielles restent viables et participent aux échanges, à l’immunité et au renouvellement de l’interface avec l’eau. Des cellules sécrétrices produisent un mucus qui complète cette barrière vivante.
Il faut ainsi distinguer la présence de kératines, commune aux épithéliums, d’une cornification terminale où les cellules perdent leur noyau et forment une enveloppe résistante. Employer « kératinisation » pour toute augmentation d’épaisseur de la peau d’un poisson peut masquer une hyperplasie, une prolifération cellulaire ou une modification de la sécrétion muqueuse.
Variations et spécialisations
L’étude comparative d’Alibardi sur le dipneuste et les amphibiens distingue la présence de kératines dans l’épiderme et les marqueurs d’une différenciation kératinisée. Le résultat obtenu pour un groupe et un stade de développement ne définit pas un modèle unique applicable à tous les poissons. La présence de kératines dans un épithélium spécialisé ne signifie toutefois pas que ce tissu possède une couche cornée.
En histopathologie, l’interprétation repose sur la localisation, l’espèce, le tissu et la morphologie cellulaire. Une coloration ou l’expression d’une kératine renseigne sur un type de filament intermédiaire ; elle ne démontre pas, à elle seule, la formation d’une couche cornée fonctionnelle.