Fertilisation
En aquaculture en étang, la fertilisation consiste à apporter des nutriments minéraux ou des matières organiques pour soutenir la production naturelle de nourriture. Elle stimule d’abord les organismes à la base du réseau alimentaire, dont bénéficient ensuite les poissons. Ce sens agronomique et aquacole se distingue de la fécondation, qui désigne l’union des gamètes.
Des nutriments à la nourriture disponible
L’azote et le phosphore peuvent favoriser le phytoplancton, puis le zooplancton et les animaux qui s’en nourrissent. La réponse dépend toutefois du nutriment limitant, de la lumière et de la capacité du milieu à utiliser l’apport. Ajouter un fertilisant ne garantit donc ni une hausse proportionnelle du plancton ni une augmentation immédiate de la croissance des poissons.
Les fertilisants minéraux fournissent des éléments nutritifs sous des formes plus ou moins rapidement disponibles. Les matières organiques en libèrent pendant leur décomposition, tout en alimentant l’activité microbienne et sa consommation d’oxygène. Une partie des éléments peut se fixer aux particules et aux sédiments avant d’être remise en circulation.
Adapter les apports à l’étang
La productivité initiale de l’étang, l’alcalinité, la température, le renouvellement d’eau et la végétation influencent l’intérêt de la fertilisation. Une eau déjà très productive, une forte turbidité minérale ou un renouvellement qui entraîne rapidement les nutriments peuvent en limiter l’utilité.
Le régime alimentaire et le stade des poissons comptent également. Un élevage utilisant largement les proies naturelles ne se conduit pas comme un système reposant sur un aliment complet. La fertilisation et l’alimentation complémentaire répondent à des besoins différents ; l’une ne remplace pas automatiquement l’autre.
Suivre la réponse et ses limites
La transparence au disque de Secchi renseigne sur la turbidité, mais des argiles en suspension peuvent fausser son interprétation comme indice de plancton. Elle se rapproche donc de la couleur de l’eau, de l’oxygène dissous et des observations biologiques.
Une prolifération algale excessive accentue les fluctuations journalières d’oxygène. La respiration nocturne ou la décomposition d’un bloom effondré peuvent provoquer une hypoxie. Les apports sont ainsi ajustés à l’évolution de l’étang plutôt qu’à une dose reproduite sans contrôle.