Hadal
Hadal qualifie les milieux océaniques situés à plus de 6 000 mètres de profondeur, principalement dans les fosses de subduction. Ce domaine succède à l’étage abyssal et atteint les plus grandes profondeurs connues, proches de 11 000 mètres. Il comprend le fond et les eaux qui le surmontent, répartis dans des dépressions profondes discontinues plutôt que dans une ceinture océanique uniforme.
Conditions du milieu
La pression hydrostatique augmente d’environ 0,1 MPa par tranche de 10 mètres ; elle dépasse donc approximativement 60 MPa à l’entrée du domaine hadal. La température y est basse, la lumière solaire absente et la production primaire photosynthétique impossible. La matière organique provient surtout des eaux sus-jacentes, des parois de la fosse et de transports latéraux, avec des apports très variables selon la topographie et les événements sédimentaires.
Particularités écologiques
Les fosses ne forment pas un habitat uniforme. Leur géométrie peut concentrer les particules et créer des gradients marqués entre versants, fond axial et masses d’eau. Les communautés comprennent des microorganismes, des invertébrés et, jusqu’à certaines profondeurs, des poissons adaptés à la pression. Les observations réalisées dans une fosse ne se généralisent donc pas automatiquement à toutes les zones hadales.
La limite de 6 000 mètres est une convention océanographique utile, pas une rupture physique absolue. Les transitions biologiques dépendent aussi de la pression, de la disponibilité alimentaire, du substrat et de l’histoire de chaque fosse.