Hoa
Un hoa est, dans la terminologie géomorphologique polynésienne, un chenal peu profond qui traverse le platier d’un atoll ou d’un récif-barrière, souvent entre deux motu. Il met en communication l’océan et le lagon au moins pendant une partie du cycle de marée ou lors des épisodes de forte houle. Il se distingue d’une passe profonde et navigable.
Forme et fonctionnement
La profondeur d’un hoa peut n’être que de quelques dizaines de centimètres, avec une largeur et une continuité très variables. Certains chenaux restent ouverts, d’autres sont partiellement obstrués par des débris coralliens ou des langues sableuses, et certains ne transmettent de l’eau océanique que lorsque le niveau sur le platier est suffisamment élevé.
Les hoa contribuent aux échanges d’eau, de chaleur, de sels dissous, de particules et d’organismes entre l’océan et le lagon. Leur courant dépend de la marée, des vagues, du niveau du lagon et de la géométrie du récif. Cette circulation peut être fortement asymétrique : la houle pousse fréquemment l’eau vers le lagon par les chenaux peu profonds, tandis que les passes assurent une part importante du reflux.
Connectivité du lagon
La largeur mouillée des hoa et leur orientation par rapport à la houle contribuent à la connectivité du récif. Deux lagons de dimensions voisines peuvent ainsi présenter des renouvellements d’eau différents. Dans les atolls microtidaux des Tuamotu étudiés par Pagès et Andréfouët, la houle commande une grande part des apports sur une échelle de quelques jours : le fonctionnement du hoa ne se résume donc pas au seul mouvement de la marée.