Jonction adhérente

Une jonction adhérente est un assemblage d’adhésion cellulaire qui relie des cellules voisines par des cadhérines transmembranaires et couple ces récepteurs au cytosquelette d’actine. Elle assure une cohésion dynamique : les cellules transmettent et ressentent des forces tout en remodelant leurs contacts. Ces jonctions participent ainsi à la forme des épithéliums, à la morphogenèse, à la cicatrisation et aux mouvements collectifs.

Organisation

Les domaines extracellulaires des cadhérines classiques établissent des interactions homophiles dépendantes du calcium. Leur queue cytoplasmique recrute p120-caténine et bêta-caténine ; alpha-caténine, vinculine et d’autres partenaires organisent le couplage à l’actomyosine. Le lien n’est pas une chaîne rigide permanente : les composants s’associent, se déplacent et se renouvellent selon la tension et la signalisation.

Dans de nombreux épithéliums, les jonctions adhérentes forment une ceinture sous la région apicale. Ailleurs, elles apparaissent en plaques ou en contacts ponctuels. Leur architecture dépend du type de cadhérine, de la polarité, de la contractilité et de la géométrie tissulaire.

Transmission des forces

La contraction de l’actomyosine met la jonction sous tension. Alpha-caténine change alors de conformation et expose des sites de liaison, notamment pour la vinculine, ce qui renforce le couplage mécanique. Cette mécanotransduction permet au contact de s’adapter à une charge plutôt que de se comporter comme une colle passive.

Rôle biologique

Les forces réparties entre cellules orientent intercalation, invagination, fermeture d’une plaie et changement de forme. Les complexes de jonction influencent aussi polarité, prolifération et différenciation par leurs interactions avec des voies de signalisation. Une perte de cohésion peut faciliter inflammation, défaut de barrière ou dissociation cellulaire, mais ses effets dépendent du tissu.

Les jonctions adhérentes se distinguent des jonctions serrées, qui contrôlent surtout la barrière paracellulaire, et des desmosomes, reliés principalement aux filaments intermédiaires. Ces structures coopèrent néanmoins au sein d’un épithélium : leur séparation fonctionnelle n’implique pas une indépendance physique complète.

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