Kinocil
Le kinocil est un cil véritable, généralement unique, situé au bord du faisceau apical d’une cellule ciliée sensorielle. Sa charpente de microtubules et son corps basal le distinguent des stéréocils, riches en actine. Sa position participe à la polarité du faisceau et au couplage mécanique qui permet à la cellule de détecter une déformation.
Une structure différente des stéréocils
Malgré leur nom, les stéréocils ne sont pas des cils au sens structural : ce sont des expansions cellulaires soutenues par des filaments d’actine. Le kinocil possède au contraire un axonème de microtubules, relié à un corps basal. Les deux types de prolongements coopèrent dans le faisceau sensoriel.
L’organisation du kinocil est souvent décrite par neuf doublets périphériques de microtubules et une paire centrale. Cette disposition ne prouve pas qu’il bat activement. Les kinocils étudiés chez le poisson-zèbre sont non motiles ; la diversité observée chez les vertébrés interdit de déduire toutes leurs propriétés de ce seul modèle.
Orientation de la réponse sensorielle
Dans l’oreille interne et la ligne latérale des poissons, la position du kinocil par rapport aux stéréocils renseigne sur le sens de sensibilité de la cellule. Un déplacement du faisceau vers ce côté favorise généralement l’ouverture des canaux mécanosensibles ; une déflexion opposée réduit leur ouverture.
Le kinocil ne doit donc pas être présenté comme l’unique siège des canaux de transduction. Son rôle mécanique et l’organisation des stéréocils s’intègrent dans le fonctionnement de tout le faisceau. Des cellules de polarités différentes permettent de représenter plusieurs directions de mouvement.
Développement et limites des comparaisons
Le kinocil intervient dans l’organisation du faisceau pendant le développement. Il persiste dans de nombreuses cellules sensorielles des poissons, alors qu’il disparaît des cellules auditives cochléaires matures des mammifères. La comparaison entre vertébrés porte sur un organe et un stade définis.
Chez le poisson-zèbre, Erickson et ses collègues ont montré que certaines protéines occupent des régions différentes le long du kinocil. Cette organisation spécialisée ne fournit pas, à elle seule, une fonction identique pour chaque protéine. La régénération de cellules ciliées observée chez plusieurs poissons concerne par ailleurs la cellule et son appareil sensoriel ; elle ne signifie pas qu’une lésion isolée du kinocil sera toujours réparée.