Lacantuniidae
Les Lacantuniidae sont une famille de poissons-chats d’eau douce de l’ordre des Siluriformes, représentée par le genre Lacantunia, dont une seule espèce vivante est connue : Lacantunia enigmatica. Décrite en 2005 à partir de spécimens du Chiapas, au Mexique, cette lignée est également connue de tributaires guatémaltèques de l’Usumacinta. Son aire documentée ne se limite donc pas à la rivière Lacantún qui lui a donné son nom.
Une famille fondée sur l’anatomie
La description originale distingue cette famille par une combinaison de structures spécialisées du crâne, des mâchoires et des arcs branchiaux. Ces caractères ont été examinés sur des préparations anatomiques et par tomographie. La silhouette ou la présence de barbillons ne suffisent pas à reconnaître la lignée : beaucoup d’autres poissons-chats partagent ces traits généraux.
Le classement familial exprime une distinction évolutive, non une abondance d’espèces. Les relations avec les autres Siluriformes ont fait l’objet d’analyses anatomiques puis moléculaires. Une hypothèse de parenté n’élargit pas automatiquement la famille aux groupes comparés ; la classification courante d’Eschmeyer conserve les Lacantuniidae comme famille distincte.
Répartition et milieu de vie
Les premiers spécimens proviennent de chenaux et de fosses profondes des rivières Lacantún et Lacanjá, avec un fond rocheux et des courants parfois forts. Les captures décrites en 2005 ont surtout eu lieu la nuit. Les contenus digestifs comprenaient poissons, crabes, crevettes et graines dures : les observations ne justifient donc pas de réduire l’alimentation aux seuls invertébrés benthiques.
En 2019, deux spécimens collectés dans les rivières La Pasión et Negro ont étendu l’aire publiée au Guatemala. Ces localités appartiennent au même bassin hydrographique de l’Usumacinta. Elles renseignent sur la distribution connue, sans démontrer que l’espèce occupe tous ses affluents.
Portée des observations
Une découverte taxonomique tardive ne signifie pas que le poisson était jusque-là absent du milieu ou inconnu des riverains. De même, quelques captures ne permettent pas d’estimer l’effectif, la tendance démographique ou un risque d’extinction. La préservation des chenaux, de leur connectivité et de la qualité de l’eau concerne cette espèce fluviale ; l’évaluation de son état exige des données propres aux populations étudiées.