Eau douce

L’eau douce est une eau dont la concentration en sels dissous est faible par rapport à celle des eaux saumâtres et marines. Elle circule ou séjourne dans les cours d’eau, lacs, zones humides, sols, glaciers et aquifères. La catégorie décrit une composition ionique globale, pas l’absence de minéraux ; elle ne se confond pas non plus avec toute eau continentale, car certains lacs et aquifères sont salés.

Critères

La limite de 0,5 g/kg ou d’environ 0,5 unité de salinité est une convention fréquemment utilisée pour séparer domaine limnique et eau saumâtre. Ce seuil classe un milieu mais ne représente ni une rupture chimique absolue ni une limite physiologique commune à toutes les espèces. Les classifications hydrologiques, écologiques et réglementaires peuvent employer d’autres seuils ou d’autres grandeurs.

La salinité, la conductivité électrique et la concentration en solides dissous sont corrélées dans de nombreuses eaux, mais ne sont pas identiques. La conductivité dépend de la nature, de la charge et de la mobilité des ions ainsi que de la température. Une estimation en mg/L dérivée d’un conductimètre utilise un facteur de conversion qui varie avec la composition.

Salinité et dureté

Dans « eau douce », l’adjectif désigne une faible salinité, non une faible dureté. Une eau de rivière ou de lac peut être à la fois douce au sens hydrologique et dure lorsqu’elle contient beaucoup de calcium et de magnésium. Inversement, une eau à faible dureté n’est pas nécessairement douce au sens écologique si d’autres sels dissous lui confèrent une salinité élevée.

L’adoucissement par échange d’ions retire surtout calcium et magnésium, souvent en les remplaçant par du sodium. Il abaisse la dureté sans constituer une désalinisation et sans transformer une eau salée en eau douce. Les expressions « eau douce », « eau peu dure » et « eau adoucie » décrivent donc des états différents.

Origine et composition

Les précipitations acquièrent des solutés au contact de l’atmosphère, des sols et des roches. Altération minérale, apports souterrains, évaporation, activité biologique et usages humains modifient ensuite la composition. Calcium, magnésium, sodium, potassium, hydrogénocarbonates, chlorures et sulfates figurent parmi les ions majeurs, avec des proportions très variables.

Deux eaux également douces peuvent ainsi différer par leur dureté, leur alcalinité, leur pH, leur conductivité ou leurs nutriments. Ces différences influencent l’osmorégulation, la disponibilité de certains éléments et la toxicité de plusieurs substances. Chez les poissons dulçaquicoles, l’eau tend à entrer par osmose tandis que des ions sont perdus vers le milieu ; branchies, rein et intestin participent au maintien de l’équilibre hydrominéral.

Des lentilles d’eau douce existent près des littoraux et au-dessus d’eaux plus salées dans certains aquifères. À l’inverse, des bassins continentaux deviennent salins lorsque l’évaporation concentre les solutés et que l’écoulement vers l’extérieur est faible. Le contexte et les paramètres mesurés décrivent donc mieux un habitat que la catégorie seule.

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