Lactococcose
La lactococcose est une maladie bactérienne des poissons provoquée par certaines espèces du genre Lactococcus. Longtemps attribuée principalement à Lactococcus garvieae, elle peut aussi impliquer Lactococcus petauri et Lactococcus formosensis. Elle se manifeste souvent par une infection généralisée, avec abattement, hémorragies et parfois exophtalmie. L’identification de l’espèce en cause est importante, car des méthodes anciennes peuvent confondre ces bactéries proches.
Un nom de maladie dont les agents se précisent
La lactococcose concerne notamment des poissons d’élevage d’eau douce et marins, dont les truites et certains poissons marins. Les études récentes ont montré que des isolats autrefois identifiés comme L. garvieae appartiennent à d’autres espèces. Cette évolution ne signifie pas que toute ancienne description était erronée, ni qu’il soit possible de reclasser une souche sans la réexaminer.
Les lactocoques sont des bactéries à Gram positif, de forme arrondie. Leur proximité d’aspect avec d’autres cocci explique l’usage historique de dénominations regroupant certaines infections sous le terme de streptococcose. Une lactococcose ne peut pourtant pas être identifiée par la seule observation de cocci en chaînettes. Le genre et l’espèce doivent être établis par des examens appropriés.
Une septicémie aux signes peu spécifiques
Les poissons atteints peuvent perdre l’appétit, s’assombrir, devenir apathiques ou présenter une nage anormale. Des hémorragies, un abdomen distendu et une exophtalmie, c’est-à-dire une saillie anormale des yeux, sont possibles. La diffusion de l’infection aux organes correspond à une septicémie. L’expression varie selon l’hôte, la souche et les conditions du foyer.
Une eau plus chaude peut accompagner des épisodes dans certaines productions, mais il n’existe pas une température unique permettant d’affirmer ou d’exclure la maladie chez tous les poissons. Les signes recoupent ceux d’autres infections bactériennes. Une photographie d’exophtalmie ne distingue donc pas une lactococcose d’une streptococcose ou d’une autre septicémie.
Identifier correctement les espèces proches
Le diagnostic associe l’examen des poissons et l’analyse de prélèvements internes, avec culture puis identification bactérienne. Les méthodes biochimiques et certaines bases de spectrométrie de masse ne séparent pas toujours correctement les espèces proches de Lactococcus. Le laboratoire doit connaître cette difficulté lorsqu’il interprète une identification historique ou un résultat limité au genre.
Ustaoglu et ses collègues ont développé une PCR permettant de différencier L. garvieae et L. petauri. Les travaux de González-Martín et ses collègues montrent aussi l’intérêt d’une caractérisation moléculaire dans les collections d’isolats de poissons. L’interprétation dépend des espèces que la méthode sait différencier. La recherche de L. formosensis, si elle est justifiée, exige un outil capable de l’identifier.
Prévention et choix adaptés au foyer
La biosécurité des introductions, la séparation des lots et la maîtrise des transferts de matériel visent à limiter la circulation bactérienne. L’analyse des mortalités et des changements de conditions d’élevage aide à repérer un foyer précocement. Les mesures de soutien et de prévention se raisonnent à l’échelle du groupe, au-delà des poissons présentant des yeux saillants.
Lorsqu’un traitement antibactérien est envisagé, l’identification et l’antibiogramme éclairent le choix vétérinaire. La vaccination peut contribuer à la prévention dans certaines situations, mais les différences entre espèces et souches empêchent de présumer une protection identique contre tous les agents. Un vaccin étudié contre L. garvieae ne peut être déclaré efficace contre L. petauri sur la seule proximité des noms.