Lepidosirenidae
Les Lepidosirenidae sont la famille du dipneuste sud-américain Lepidosiren paradoxa, seule espèce actuelle du genre Lepidosiren. La classification d’Eschmeyer la place dans les Ceratodontiformes, sous-ordre des Lepidosirenoidei, à côté des Protopteridae africains. Certains référentiels conservent l’ordre historique des Lepidosireniformes ; ce classement ne correspond pas à l’organisation retenue ici.
Organisation et milieu de vie
Le corps est allongé, les nageoires paires sont filiformes et deux poumons assurent une part essentielle de la respiration. L’espèce habite des eaux continentales sud-américaines, notamment des marais et des plaines inondables. Elle ne représente pas l’ensemble des dipneustes : les espèces africaines et australienne appartiennent à d’autres familles.
Chez l’adulte, la respiration aérienne est obligatoire. L’accès à la surface reste nécessaire même lorsque l’eau est oxygénée ; il ne constitue pas seulement une réponse occasionnelle à un manque d’oxygène aquatique. Les proportions d’échanges gazeux et les modalités respiratoires changent avec le développement, la température et les conditions du milieu.
Estivation et reproduction
Lors d’un assèchement saisonnier, le poisson peut s’enfouir et réduire son activité dans un refuge humide. Les ajustements cardiovasculaires et respiratoires de cette estivation ont été étudiés expérimentalement. Cette tolérance ne permet pas de conclure à une résistance au dessèchement complet, ni de transposer sans contrôle le cocon des dipneustes africains à l’espèce sud-américaine.
En période reproductrice, les mâles développent des filaments vascularisés sur les nageoires pelviennes. Leur ressemblance avec des branchies externes a conduit à proposer un rôle dans l’oxygénation de la ponte ou dans la respiration du mâle. L’analyse histologique et moléculaire publiée en 2017 n’appuie directement aucune de ces deux fonctions : les capillaires restent séparés de l’extérieur par plusieurs couches épithéliales, et le profil des gènes étudiés ne correspond pas à celui de branchies typiques.
Limites des interprétations
La présence de vaisseaux sanguins ne prouve donc pas un transfert d’oxygène vers les œufs. La fonction exacte des filaments demeure à préciser. Le rang familial, la respiration aérienne et ces structures sexuelles décrivent des aspects différents de l’animal ; aucun ne suffit à expliquer à lui seul sa réussite dans les zones humides saisonnières.