Mésoglée
La mésoglée est la matrice extracellulaire située entre l’épiderme et le gastroderme des cnidaires. Elle n’est pas une troisième couche cellulaire comparable aux deux feuillets épithéliaux : elle est constituée d’un réseau hydraté de protéines et de polysaccharides sécrétés par les cellules qui la bordent. Selon le groupe et le stade de vie, elle peut être très mince ou former une grande partie du volume corporel.
Composition et organisation
La mésoglée contient notamment des collagènes, des glycoprotéines d’adhérence et des protéoglycanes. Ces constituants forment une trame qui ancre les cellules, résiste à la traction et organise les échanges entre les deux épithéliums. Certaines mésoglées sont presque dépourvues de cellules, tandis que d’autres renferment des cellules migrantes, des fibres musculaires ou des prolongements nerveux. Sa structure varie donc davantage que ne le suggère l’ancienne description d’une simple gelée inerte.
Chez de nombreux polypes, la couche est relativement fine et sert principalement de lame d’appui. Chez une méduse, elle peut être épaisse et très riche en eau. Sa déformation élastique contribue alors au maintien de la forme de l’ombrelle et au retour mécanique qui suit une contraction natatoire.
Rôles biologiques
La mésoglée transmet les forces entre les épithéliums et participe à la mécanique hydrostatique du corps. Elle sert aussi de support aux migrations cellulaires, à la polarité des tissus, à la cicatrisation et à la morphogenèse. Son renouvellement accompagne la croissance : la synthèse, l’assemblage et la dégradation contrôlée de sa matrice modifient localement l’épaisseur et les propriétés mécaniques de l’animal.
Cette matrice influence ainsi des phénomènes très différents, depuis le bourgeonnement d’un polype jusqu’à la propulsion d’une méduse. Sa composition et sa cellularité varient selon le taxon et le stade étudiés ; elles ne sont pas uniformes dans l’ensemble des cnidaires.