Monosexe
Une population monosexe ne comprend, ou vise à comprendre, que des individus d’un même sexe phénotypique. En aquaculture, cette composition peut limiter la reproduction non maîtrisée pendant le grossissement ou tirer parti d’une différence de croissance, de maturation ou de valeur commerciale entre femelles et mâles. Le terme décrit la composition sexuelle du lot, sans renseigner à lui seul sur la méthode employée pour l’obtenir.
Production des lots
Un lot monosexe peut provenir du tri des sexes, d’un croisement donnant une descendance très majoritairement d’un sexe, d’une manipulation chromosomique ou d’une inversion sexuelle. Chez les tilapias, des traitements hormonaux appliqués avant ou pendant la différenciation gonadique ont notamment été utilisés pour produire des populations phénotypiquement mâles. Le sexe phénotypique obtenu ne coïncide alors pas nécessairement avec le sexe génétique.
La méthode dépend du système de détermination sexuelle et de la biologie de l’espèce. Une technique efficace chez un tilapia ne produit donc pas automatiquement le même résultat chez un autre poisson. La présence de quelques reproducteurs du sexe opposé peut aussi suffire à permettre une reproduction dans le bassin.
Intérêt et limites
En aquaculture, les populations mâles de tilapias sont surtout recherchées pour réduire le recrutement d’alevins pendant le grossissement et éviter la surpopulation. D’autres filières privilégient les femelles lorsque leur croissance, leur maturation ou le produit recherché leur confère un avantage. Monosexe n’est pas synonyme de stérile : des poissons d’un seul sexe peuvent conserver des gonades fonctionnelles et se reproduire s’ils rencontrent un partenaire compatible après leur transfert.