Mortalité massive d’amphibiens
Une mortalité massive d’amphibiens est un épisode au cours duquel un nombre inhabituellement élevé d’individus meurt dans une zone et une période limitées, nettement au-dessus de la mortalité de fond attendue. Le terme décrit un signal démographique ; il ne préjuge ni d’une cause infectieuse ni d’un seuil numérique universel.
Causes possibles
Chytridiomycose, ranavirose et autres infections peuvent produire des agrégats de décès, parfois avec plusieurs espèces ou stades touchés. Des épisodes non infectieux résultent aussi d’une hypoxie, d’un contaminant, d’une variation thermique extrême, d’un assèchement, d’un traumatisme ou d’une combinaison de facteurs. La concentration naturelle des larves ou des adultes reproducteurs rend certains événements particulièrement visibles.
La découverte de Batrachochytrium salamandrivorans illustre le rôle des enquêtes de terrain, de l’histologie, de la culture et de l’infection expérimentale pour relier un agent à un déclin. La simple détection d’un microorganisme sur quelques cadavres ne démontre pas qu’il explique toute la mortalité.
Enquête sanitaire
Le nombre d’animaux atteints, les espèces, les stades, la distribution spatiale, la chronologie et les conditions environnementales orientent les prélèvements. Des individus récemment morts ou moribonds conservent généralement une meilleure valeur diagnostique que des carcasses très décomposées. La nécropsie associe examen macroscopique, histopathologie, microbiologie, recherche de toxiques et méthodes moléculaires selon les hypothèses.
Un résultat négatif n’exclut pas toutes les causes : qualité du prélèvement, délai, tissu choisi et performances analytiques influencent la détection. Inversement, une chytridiomycose confirmée chez un individu n’établit la cause de l’épisode qu’en cohérence avec les lésions et l’épidémiologie. La biosécurité pendant l’enquête limite le transport d’agents entre sites.