Oligotrophique
Oligotrophique qualifie un milieu aquatique à faible disponibilité en nutriments et, en conséquence, à production primaire généralement basse. L’adjectif s’applique notamment à certains lacs, cours d’eau ou secteurs de l’océan ouvert. Il ne signifie ni stérile ni dépourvu de poissons : ces milieux hébergent des organismes adaptés à des ressources rares et parfois des réseaux trophiques très efficaces.
Signes d’un milieu oligotrophique
Dans un lac, une faible concentration en phosphore, une faible concentration en chlorophylle, une grande transparence et le maintien d’oxygène en profondeur constituent des indices fréquents. Ils ne sont pas équivalents : la lumière, la profondeur, le brassage et les apports de matière organique peuvent dissocier la concentration en nutriments de la réponse du phytoplancton.
Le qualificatif décrit un régime de ressources, non la richesse totale en espèces. La faible disponibilité des nutriments ne suffit pas à calculer la production annuelle : les ressources peuvent être renouvelées et réutilisées au cours de la saison. Les indices construits pour les lacs ne constituent pas automatiquement une classification des milieux marins.
Un qualificatif relatif
Les classes trophiques reposent sur des distributions et des référentiels adaptés au type de masse d’eau. Une concentration considérée comme faible dans un lac peu profond peut avoir une autre signification dans un lac profond ou en mer. La profondeur d’échantillonnage, la saison, la méthode analytique et les unités déterminent donc l’interprétation d’une mesure.
« Oligotrophique » qualifie le milieu ou son fonctionnement ; l’oligotrophie désigne l’état lui-même. Son opposé est eutrophique, caractérisé par une disponibilité et une production plus élevées, sans qu’une frontière universelle sépare les deux catégories.