Patrimoine (au sens eau patrimoniale)

Dans le droit français de l’eau, le patrimoine désigne la valeur collective attachée à la ressource et aux écosystèmes aquatiques. L’article L. 210-1 du Code de l’environnement dispose que l’eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Cette qualification fonde un principe d’intérêt général pour sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels.

Portée du principe

La formulation provient de la loi sur l’eau du 3 janvier 1992 et figure aujourd’hui dans le Code de l’environnement. Depuis le 24 décembre 2022, l’article L. 210-1 précise aussi que la préservation et, le cas échéant, la restauration des fonctionnalités naturelles des écosystèmes aquatiques et marins participent notamment à la biodiversité, à l’adaptation au changement climatique et à la lutte contre les pollutions.

Le mot « patrimoine » n’attribue pas à lui seul un droit de propriété sur chaque volume d’eau. Il exprime une responsabilité collective et encadre les politiques publiques avec les autres dispositions du Code. Le même article rappelle que, dans le cadre des lois, règlements et droits antérieurement établis, l’usage de l’eau appartient à tous et que chaque personne physique dispose d’un droit d’accès à l’eau potable pour ses usages essentiels, selon les modalités prévues par la loi.

Lecture juridique

« Eau patrimoniale » est une expression explicative, non une catégorie autonome qui suffirait à déterminer un régime administratif. Pour connaître les obligations applicables à un prélèvement, un rejet, un ouvrage ou un milieu donné, il faut identifier le territoire, l’autorité compétente, les rubriques et autorisations concernées, ainsi que la version consolidée des textes. La référence aux générations futures éclaire la finalité de préservation, mais ne remplace pas ces règles opérationnelles.

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