Paupière nictitante
Chez certains requins, la paupière nictitante est une paupière inférieure mobile qui peut recouvrir l’œil. Elle forme un dispositif de protection associé aux Carcharhiniformes. Le nom usuel « membrane nictitante » ne signifie pas qu’elle soit transparente ni qu’elle corresponde anatomiquement à la troisième paupière des oiseaux et des mammifères : les structures portant ce nom doivent être comparées selon le groupe considéré.
Une protection oculaire chez les requins
La surface de l’œil peut être exposée à des contacts lors de la capture d’une proie. Le déplacement de la paupière place une couverture tissulaire devant cette surface. Sa fonction protectrice est cohérente avec sa mobilité et avec la présence de denticules sur sa face externe.
Une étude microscopique de plusieurs Carcharhinidae et Sphyrnidae décrit des différences dans la forme et l’organisation de ces denticules, ainsi que dans les tissus associés. Ces variations montrent que le dispositif n’est pas uniforme d’une espèce à l’autre. L’hypothèse d’une spécialisation contre l’abrasion concerne la fonction de la structure ; elle ne permet pas d’attribuer une performance chiffrée à toutes les espèces.
Tous les requins ne possèdent pas une telle paupière. L’absence de membrane mobile ne signifie pas pour autant absence de protection oculaire. La rotation ou la rétraction du globe constituent des mécanismes différents, qui ne doivent pas recevoir automatiquement le même nom.
Distinguer les structures voisines
La paupière nictitante de ces requins se distingue des replis adipeux fixes observés chez certains poissons osseux. Elle se distingue aussi de la membrane conjonctivale appelée troisième paupière chez d’autres vertébrés. Une ressemblance de fonction ou de vocabulaire ne démontre pas à elle seule une identité anatomique.
Observation et description
La description précise l’espèce, la position du repli, sa mobilité et la portion de l’œil qu’il peut couvrir. Chez un spécimen conservé, l’état des tissus peut modifier l’aspect du bord palpébral. Chez l’animal vivant, l’observation doit rester non traumatique : il n’est pas nécessaire de toucher l’œil pour décrire un dispositif protecteur. Le mot membrane indique ici une forme tissulaire et ne suffit pas à établir la nature des couches qui la composent.