Pédomorphe
Un organisme ou un caractère est qualifié de pédomorphe lorsque l’adulte d’une lignée descendante présente un état moins développé, au sens ontogénétique, que l’état adulte de la lignée de référence. Cette ressemblance avec un stade larvaire ou juvénile résulte d’une hétérochronie, c’est-à-dire d’une modification évolutive du calendrier ou de la vitesse du développement. Elle doit être établie par comparaison, et non d’après une apparence simplement « juvénile ».
Plusieurs mécanismes possibles
La pédomorphose peut résulter d’un arrêt plus précoce du développement, appelé progenèse, d’un démarrage retardé de certains caractères, ou d’un ralentissement de leur développement. Ce dernier mécanisme correspond à la néoténie au sens strict. Pédomorphie et néoténie ne sont donc pas des synonymes exhaustifs.
L’effet peut concerner l’ensemble de l’organisme ou seulement quelques structures. Un adulte sexuellement mature peut conserver une ossification incomplète ou des proportions larvaires sans que tous ses organes restent au stade juvénile. La maturité sexuelle doit être évaluée séparément de la maturité somatique.
Comment l’établir ?
L’hypothèse exige une série ontogénétique, un groupe de comparaison phylogénétique pertinent et des caractères homologues mesurables. Une petite taille corporelle, une transparence ou une simplification anatomique peuvent accompagner la pédomorphose, mais ne la démontrent pas seules. Il faut aussi distinguer une perte secondaire de structure d’un développement réellement tronqué ou ralenti.