Pelote adhésive
Une pelote adhésive est un élargissement spécialisé de l’extrémité d’un doigt ou d’un orteil qui améliore l’adhérence de certains amphibiens sur des supports lisses, inclinés ou humides. Fréquente chez les grenouilles arboricoles et présente dans plusieurs lignées indépendantes, elle associe un épiderme microstructuré, des sécrétions aqueuses et un contrôle précis des forces de contact.
Une surface vivante et humide
La face ventrale de la pelote porte des cellules épidermiques aplaties, souvent organisées en unités polygonales séparées par des sillons. Leur surface présente des reliefs microscopiques qui augmentent le contact réel avec le support. Des glandes débouchent dans les sillons et entretiennent un film liquide très mince. L’épiderme est suffisamment souple pour épouser les irrégularités sans perdre sa cohésion.
L’adhérence résulte de plusieurs phénomènes complémentaires. Sur une surface lisse, le film liquide contribue aux forces capillaires et visqueuses, tandis que le drainage par les sillons rapproche la pelote du support. Les forces de frottement deviennent particulièrement importantes lorsque le doigt est chargé parallèlement à la surface. Sur un support rugueux, la conformité du tissu et l’emboîtement avec les aspérités participent davantage à la tenue.
Fonction et diversité
La pelote ne fonctionne pas comme une ventouse fermée ni comme une colle permanente. L’animal module l’adhérence par l’orientation des doigts, la pression, le cisaillement et le décollement progressif du bord de la pelote. Ce mécanisme permet une fixation réversible pendant la locomotion.
La forme, la taille et la microstructure varient selon les espèces et les habitats. Des pelotes développées existent aussi chez des amphibiens vivant sur des rochers battus par l’eau, pas seulement chez les espèces arboricoles. Elles sont distinctes de la palmure, membrane interdigitale surtout impliquée dans la nage, même si les deux structures peuvent coexister sur un même pied.