Pente continentale
La pente continentale est la partie inclinée de la marge continentale située entre le rebord du plateau continental et la base de la pente, souvent prolongée par un glacis continental. Elle marque le passage d’une croûte continentale amincie vers les grands fonds océaniques. Plus forte que celle du plateau, sa déclivité reste néanmoins très variable selon le contexte tectonique et l’apport de sédiments.
Morphologie
Le rebord du plateau se rencontre souvent entre 100 et 200 mètres de profondeur, sans constituer une valeur universelle. Vers le large, la base de la pente peut atteindre plusieurs milliers de mètres. Le profil n’est pas une surface régulière : canyons sous-marins, terrasses, escarpements, ravines et accumulations sédimentaires interrompent fréquemment la déclivité.
Les marges passives portent généralement un vaste prisme de sédiments et un glacis bien développé. Les marges actives, proches d’une limite de plaques, peuvent présenter une pente plus abrupte, des bassins, des failles et une fosse océanique. La largeur et la profondeur de la pente reflètent donc l’histoire tectonique autant que l’érosion et les dépôts.
Processus et habitats
Les courants de turbidité sont des écoulements denses chargés en sédiments qui descendent la pente, creusent les canyons et déposent plus bas des éventails sous-marins. Les glissements, les séismes, les crues et l’instabilité des dépôts peuvent les déclencher. Des courants de contour redistribuent aussi les particules parallèlement aux isobathes.
Les gradients de profondeur, de température, de pression, d’oxygène et de nature du substrat créent une mosaïque d’habitats benthiques et pélagiques. Les canyons concentrent localement les flux de matière organique et relient le plateau aux grands fonds.
La pente géomorphologique ne se confond pas avec le « plateau continental » au sens juridique de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Cette notion juridique couvre les fonds et leur sous-sol au-delà de la mer territoriale selon des critères de prolongement naturel et de distance qui ne reproduisent pas simplement les limites du relief.