Photobactériose

La photobactériose, ou pasteurellose piscicole dans son usage historique, est une maladie bactérienne des poissons marins principalement due à Photobacterium damselae subsp. piscicida. Elle peut provoquer une septicémie aiguë ou des lésions internes nodulaires dans des formes plus lentes. Le nom ancien de la bactérie, Pasteurella piscicida, explique celui de la maladie ; il ne signifie pas qu’elle relève aujourd’hui du genre Pasteurella.

Préciser la bactérie derrière le nom

Le genre Photobacterium comprend plusieurs bactéries dont les relations avec les animaux diffèrent. La photobactériose décrite ici correspond à l’infection par la sous-espèce piscicida. Il faut la distinguer des infections à P. damselae subsp. damselae, qui possède une autre histoire épidémiologique et pathogène. Un résultat limité à P. damselae ne fournit donc pas toujours une identification suffisante.

Cette bactériose concerne différentes productions marines, notamment des sparidés et d’autres poissons sensibles. Les épisodes et leur gravité dépendent de l’hôte, de son stade et des conditions d’élevage. L’étude d’Eissa et ses collègues illustre l’intérêt de combiner la caractérisation phénotypique et moléculaire des isolats pour distinguer des bactéries proches, plutôt que de déduire leur identité des seules lésions.

Une forme aiguë parfois peu visible

Lors d’une évolution aiguë, la diffusion bactérienne peut provoquer une septicémie et des mortalités sans lésion extérieure caractéristique. Une baisse d’appétit, un assombrissement ou un comportement inhabituel peuvent précéder les pertes. Ces manifestations ne permettent pas de distinguer la photobactériose d’autres maladies infectieuses ; l’examen des organes apporte des informations que l’observation à travers la vitre ne fournit pas.

Dans certaines formes plus lentes, de petits nodules blanchâtres sont observés, notamment dans la rate et le rein. La fiche sanitaire du CIHEAM les associe à l’appellation descriptive de « pseudotuberculose ». Ce terme décrit un aspect lésionnel : il ne constitue pas une identification de mycobactéries et ne rend pas la maladie équivalente à la mycobactériose des poissons. Un nodule interne exige lui aussi une confirmation.

De l’autopsie à l’identification de sous-espèce

Les prélèvements d’organes de poissons atteints servent à la culture et à l’identification bactérienne. Les exigences de culture d’une bactérie marine doivent être prises en compte. Les méthodes moléculaires complètent cette recherche et peuvent préciser la sous-espèce en cause. Le laboratoire rapproche les résultats de l’autopsie et, lorsque nécessaire, de l’examen microscopique des tissus.

Des foyers nodulaires ou des granulomes peuvent accompagner d’autres infections. De même, la présence d’une bactérie dans l’eau ou sur la peau ne démontre pas une infection systémique. Le laboratoire doit connaître la question posée. Rechercher une bactérie dans l’eau renseigne sur sa présence dans le milieu ; expliquer une mortalité demande aussi des prélèvements et des observations sur les poissons atteints.

Prévention et portée des essais de protection

La maîtrise des introductions, des transferts entre lots et des équipements partagés complète la surveillance des mortalités et de l’alimentation. Les diagnostics différentiels comprennent d’autres septicémies marines, dont la vibriose. Leur distinction évite d’appliquer à une bactérie les conclusions obtenues pour une autre.

Des vaccins et formulations expérimentales ont été étudiés, notamment chez le cobia dans les travaux de Guo et ses collègues. Un résultat de protection dans un essai ne prouve pas une efficacité identique pour toutes les espèces, toutes les souches ou toutes les conditions de terrain. Lorsqu’un traitement antibactérien est envisagé, l’antibiogramme et l’évaluation vétérinaire guident une décision adaptée au foyer, avec suivi des pertes et des lésions internes.

Besoin d’un éclairage vétérinaire ?

Contactez Vetofish pour un avis spécialisé en santé des animaux aquatiques.

Échanger avec nous