Phytophage
Phytophage qualifie un organisme qui consomme des végétaux vivants ou leurs tissus. Dans les milieux aquatiques, le terme couvre les macrophytes et, selon le cadre écologique employé, les algues. Il décrit une ressource alimentaire réellement ingérée et exploitée ; la présence accidentelle de débris végétaux dans le tube digestif ne démontre pas ce régime.
Un régime à quantifier
Phytophage est souvent employé comme synonyme d’herbivore. Il peut désigner une spécialisation dominante sans impliquer une alimentation exclusivement végétale. De nombreux poissons consomment aussi des invertébrés, du périphyton, des microorganismes ou du détritus. Le contenu digestif révèle les prises récentes, tandis que les observations de broutage, les isotopes stables et d’autres marqueurs intègrent des échelles temporelles différentes du régime.
Les ressources consommées comprennent les feuilles ou tiges de macrophytes, les macroalgues, les microalgues benthiques, ainsi que des fruits ou graines tombés dans l’eau. Une bouchée de périphyton peut associer algues, bactéries, champignons, particules minérales et petits animaux ; ce mélange ne correspond donc pas nécessairement à une phytophagie stricte.
Variations biologiques
Le degré de phytophagie varie avec l’espèce, la taille, la saison et la disponibilité des aliments. Les adaptations possibles concernent la dentition, les mâchoires, la longueur du tube digestif, le broyage pharyngien ou les communautés microbiennes intestinales, mais aucun caractère isolé ne prouve le régime réel. La consommation végétale peut aussi modifier la végétation, recycler les nutriments et déplacer de la matière entre habitats. En aquaculture, l’aptitude à utiliser un aliment formulé riche en ingrédients végétaux ne rend pas automatiquement l’espèce phytophage dans son milieu naturel.