Poissons d'eau douce complémentaires
Les poissons d’eau douce complémentaires constituent une catégorie zoogéographique historique proposée par George S. Myers. Ce sont des formes dulcicoles appartenant à des lignées principalement marines, souvent diadromes, qui occupent une place dominante dans certaines faunes continentales pauvres en poissons d’eau douce primaires et secondaires. Le terme décrit une origine biogéographique supposée, non une fonction écologique.
Une catégorie fondée sur l’histoire des faunes
Myers distinguait les poissons complémentaires des groupes strictement confinés aux eaux continentales. Leur tolérance au sel et leur ascendance marine rendent possible une colonisation par les estuaires ou le franchissement d’une barrière marine. Des gobioïdes, muges ou autres lignées côtières ont ainsi fourni une part importante de la faune de certaines îles océaniques et régions isolées.
Le qualificatif « complémentaire » renvoie à la composition d’un peuplement : ces poissons complètent ou remplacent fonctionnellement des lignées continentales absentes. Il ne signifie ni espèce introduite, ni espèce secondaire au sens écologique, ni simple visiteur marin. Une forme peut vivre durablement en eau douce, tout en conservant une phase marine obligatoire ou une forte tolérance à la salinité.
Limites actuelles
Cette classification repose sur des catégories larges de tolérance au sel et sur des scénarios historiques. Les données phylogénétiques, paléontologiques et physiologiques contemporaines montrent des transitions répétées entre milieux marins et continentaux. La catégorie reste utile pour comprendre les textes classiques de zoogéographie, mais elle ne remplace pas la description précise du cycle de vie, de l’osmorégulation et des voies de dispersion de chaque lignée.