Diadrome
Diadrome qualifie un organisme dont le cycle de vie comporte des migrations prévisibles et réciproques entre l’eau douce et le milieu marin. Le passage se produit à des stades caractéristiques et accompagne des changements physiologiques permettant de franchir le gradient de salinité. Une capture occasionnelle en estuaire ou la simple tolérance à plusieurs salinités ne suffit pas à établir une stratégie diadrome.
Trois stratégies
Les espèces anadromes assurent l’essentiel de leur croissance en mer puis gagnent l’eau douce pour se reproduire ; plusieurs saumons, aloses et lamproies suivent ce schéma. Les espèces catadromes grandissent surtout en eau douce ou saumâtre et se reproduisent en mer, comme les anguilles du genre Anguilla.
Chez les amphidromes dulçaquicoles, la reproduction a lieu en eau douce, les larves gagnent rapidement la mer pour une phase précoce d’alimentation et de croissance, puis les juvéniles retournent en eau douce bien avant la maturité. Le passage marin appartient donc au développement, mais le déplacement vers la mer n’est pas une migration de reproduction. Des formes marines amphidromes suivent une direction inverse, beaucoup plus rare.
Plasticité et contraintes
Une même espèce peut réunir des populations migratrices et résidentes, voire plusieurs tactiques au sein d’une population. La direction, la distance, l’âge de migration et la durée passée dans chaque milieu varient avec la latitude, la productivité, les obstacles, le débit et l’histoire locale. La diadromie n’est donc pas toujours une obligation uniforme à l’échelle de l’espèce.
Le changement de milieu mobilise l’osmorégulation, le comportement d’orientation et une synchronisation avec les conditions hydrologiques. Barrages, seuils, pompages, altération des estuaires et rupture des débits peuvent interrompre la continuité entre habitats indispensables. Le terme se distingue de l’euryhalinité, qui décrit une capacité physiologique, ainsi que des migrations entièrement marines ou dulçaquicoles.