Poissons électriques

Les poissons électriques sont des poissons capables de produire un champ électrique organisé grâce à un organe spécialisé. Cette capacité, appelée électrogénèse, est apparue indépendamment dans plusieurs lignées marines et dulçaquicoles. Elle comprend des décharges faibles utilisées pour percevoir ou communiquer et des décharges fortes pouvant intervenir dans la prédation ou la défense.

Décharges faibles et fortes

Chez les poissons faiblement électriques, la décharge de l’organe électrique crée autour du corps un champ dont les déformations renseignent sur les objets proches : c’est l’électrodétection active. Sa forme, sa fréquence et ses modulations peuvent aussi porter des signaux sociaux. Ces décharges ne sont pas destinées à étourdir une proie.

Chez les poissons fortement électriques, comme les anguilles électriques, les torpilles et certains poissons-chats, des séquences de forte amplitude peuvent contribuer à immobiliser une proie ou à décourager un prédateur. La distinction « faible » ou « forte » décrit surtout la fonction et l’effet biologique ; elle ne correspond pas à deux groupes taxonomiques uniques, et une même espèce peut produire plusieurs types de décharges.

Origines et distinction sensorielle

Les électrocytes dérivent le plus souvent de cellules musculaires modifiées, mais leur organisation et leur commande diffèrent entre lignées. Un poisson électrorécepteur n’est pas nécessairement un poisson électrique : requins et nombreuses raies détectent des champs externes sans produire une décharge spécialisée comparable. Inversement, la simple activité électrique des nerfs et muscles, commune aux animaux, ne suffit pas à classer une espèce parmi les poissons électriques.

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