Population minimale viable
La population minimale viable est le plus petit effectif estimé permettant à une population d’atteindre une probabilité de persistance définie pendant une durée donnée, dans des conditions et avec des menaces explicitement modélisées. Ce n’est pas un nombre universel propre à toutes les espèces : l’objectif de persistance, l’horizon temporel, le territoire et les hypothèses de l’analyse font partie de la définition du résultat.
Une estimation issue d’un modèle
Une analyse de viabilité d’une population combine des paramètres démographiques tels que survie, fécondité, structure d’âge et variabilité environnementale. Selon le cas, elle intègre aussi catastrophes, fragmentation, immigration, dépendance à la densité, perte de diversité génétique ou consanguinité. Les données rares, les changements futurs et les événements extrêmes produisent une incertitude parfois importante.
Il faut distinguer effectif recensé, nombre d’adultes reproducteurs et taille efficace génétique. Une population peut dépasser un seuil numérique tout en restant non viable si l’habitat décline, si le sex-ratio est déséquilibré ou si les sous-populations ne sont plus connectées. Inversement, un seuil publié pour une autre espèce ne peut pas être transposé sans justification. La valeur utile est donc un scénario documenté, accompagné de sa probabilité, de sa période et de tests de sensibilité, plutôt qu’un « nombre magique ».