Rareté

La rareté décrit la faible représentation d’un taxon, d’une population, d’un génotype, d’un habitat ou d’un type d’écosystème par rapport à un territoire, une période et une méthode d’inventaire définis. Elle ne correspond pas à une seule mesure : une espèce peut être localement abondante mais géographiquement restreinte, ou largement répartie avec de faibles effectifs partout.

Dimensions de la rareté

Pour les espèces, trois dimensions sont classiquement distinguées : l’étendue de l’aire géographique, la spécificité de l’habitat et l’abondance locale. Leur combinaison produit plusieurs formes de rareté. Un poisson endémique d’un seul bassin peut ainsi être commun dans ce bassin, tandis qu’une espèce à vaste aire peut rester rarement observée dans chaque station.

À l’échelle génétique, la rareté peut porter sur un allèle ou un génotype, mais sa fréquence dépend de l’échantillon et de la population de référence. À l’échelle des habitats, elle peut exprimer une faible superficie, un petit nombre de sites ou une combinaison environnementale inhabituelle.

Mesure et portée

Le nombre d’occurrences brut ne suffit pas : l’effort de prospection, la détectabilité, la saison, la résolution spatiale et les changements taxonomiques influencent les observations. Une absence de donnée n’est donc pas une preuve d’absence, et une espèce récemment décrite peut paraître rare faute d’échantillonnage.

La rareté peut contribuer à une priorité de conservation, mais elle ne se confond ni avec la menace ni avec le risque d’extinction. Ce risque dépend aussi des tendances démographiques, de la fragmentation, des pressions et de la capacité de rétablissement. Une qualification de rareté n’est interprétable qu’avec la dimension mesurée, le référentiel spatial, la période et l’incertitude associés.

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