Saumâtre
Une eau saumâtre possède une salinité intermédiaire entre celle de l’eau douce et celle de l’eau de mer. Selon le système de Venise couramment employé en écologie, le domaine saumâtre s’étend approximativement de 0,5 à 30 de salinité pratique. Ces limites sont conventionnelles et ne remplacent pas la valeur mesurée dans un milieu donné.
Origine et variabilité
Les estuaires, lagunes côtières, deltas et certaines nappes souterraines sont naturellement saumâtres lorsque des eaux continentales et marines s’y mélangent. L’évaporation, les apports fluviaux, les marées, les précipitations et la circulation modifient leur salinité, parfois en quelques heures. Une stratification peut aussi superposer une couche peu salée à une eau plus dense et plus marine.
Les organismes de ces milieux sont exposés à des variations osmotiques importantes. Les espèces euryhalines tolèrent une large gamme de salinité grâce à des ajustements physiologiques, tandis que les espèces sténohalines occupent une plage plus étroite. La communauté observée dépend donc à la fois de la salinité moyenne, de ses fluctuations et de facteurs associés tels que la température et l’oxygène dissous.
En aquaculture ou en aquarium, « saumâtre » décrit une catégorie de milieu, non une recette universelle. Une même valeur peut être adaptée à une espèce et nuisible à une autre, et la composition ionique d’une eau artificielle peut différer de celle d’un estuaire naturel malgré une salinité comparable.