Sphyrnidae
Les Sphyrnidae sont la famille des requins-marteaux, placée dans l’ordre des Carcharhiniformes. Leur caractère le plus visible est le céphalofoil : une expansion latérale et aplatie de la région située devant les fentes branchiales. La largeur, le contour et les échancrures de cette tête varient selon les espèces et contribuent à leur identification.
Classification et morphologie
La classification d’Eschmeyer reconnaît les Sphyrnidae comme une famille distincte des Carcharhinidae. Elle comprend les genres actuels Eusphyra et Sphyrna. Le premier réunit le requin-marteau planeur, Eusphyra blochii, dont le céphalofoil est particulièrement large ; le second regroupe les autres requins-marteaux. Le nombre d’espèces reconnues évolue avec les révisions taxonomiques et les descriptions fondées sur la morphologie et la génétique.
Les yeux et les capsules nasales occupent les extrémités ou les régions latérales du céphalofoil. Les ampoules de Lorenzini, sensibles aux faibles champs électriques, sont réparties sur sa face ventrale. L’écartement de ces systèmes sensoriels peut améliorer l’échantillonnage spatial, mais le céphalofoil n’exerce pas une fonction unique : sa forme intervient aussi dans l’hydrodynamique, la manœuvrabilité et la manipulation de certaines proies. Les mâchoires et leurs muscles restent relativement conservés malgré la diversité des contours céphaliques.
Écologie et reproduction
Les Sphyrnidae vivent surtout dans les mers tropicales et tempérées chaudes, depuis les habitats côtiers jusqu’aux eaux pélagiques. Leur régime comprend poissons osseux, céphalopodes, crustacés et élasmobranches ; certaines grandes espèces capturent régulièrement des raies. La taille, l’usage de l’habitat, les migrations et le comportement social diffèrent fortement entre espèces et stades de vie.
Ces requins sont vivipares placentaires : les embryons utilisent d’abord leur vitellus, puis le sac vitellin se transforme en connexion placentaire avec l’utérus. La fécondité et la durée de gestation varient selon l’espèce. Plusieurs populations sont vulnérables à la pêche ciblée ou accessoire en raison de leur croissance lente, de leur maturité tardive et de la valeur commerciale de leurs ailerons ; les statuts et mesures de gestion s’évaluent donc à l’échelle de chaque espèce et population.