Sténohalin

Un organisme sténohalin ne tolère qu’une gamme relativement étroite de salinité. Le qualificatif peut s’appliquer à des espèces d’eau douce comme à des espèces marines : il décrit l’amplitude de tolérance, et non le milieu lui-même. Son opposé, euryhalin, désigne une capacité à vivre dans une gamme beaucoup plus large.

Limites physiologiques

La salinité modifie les mouvements d’eau et d’ions entre l’animal et son environnement. En eau douce, un poisson gagne passivement de l’eau et perd des ions ; en mer, un téléostéen perd de l’eau et reçoit une charge saline. Les branchies, le rein et l’intestin compensent ces flux. Une espèce sténohaline dispose d’une marge d’acclimatation limitée lorsque les mécanismes de transport ionique et d’équilibre hydrique ne peuvent pas être suffisamment réorganisés.

La tolérance n’est pas une valeur fixe commune à l’espèce. Elle peut varier avec le stade de vie, la population, la vitesse du changement, la température, l’oxygénation et l’état physiologique. Une salinité supportée après acclimatation progressive peut provoquer un stress aigu si elle est atteinte brutalement. La survie seule ne démontre pas non plus le maintien de la croissance, de la reproduction ou du bien-être.

Portée écologique

Les espèces sténohalines sont souvent associées à des milieux dont la salinité varie peu. Les estuaires, lagunes et zones soumises aux sécheresses ou aux intrusions marines sélectionnent au contraire des capacités euryhalines. Cette distinction reste relative : certaines espèces longtemps qualifiées de strictement marines montrent une tolérance plus large dans des essais graduels, sans devenir pour autant pleinement euryhalines.

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