Thon rouge
« Thon rouge » est un nom vernaculaire appliqué à trois grandes espèces du genre Thunnus : le thon rouge de l’Atlantique T. thynnus, le thon rouge du Pacifique T. orientalis et le thon rouge du Sud T. maccoyii. Ces thons sont proches, mais possèdent des répartitions, des populations et des régimes de gestion distincts.
Trois espèces, plusieurs populations
Thunnus thynnus vit dans l’Atlantique et les mers adjacentes, notamment la Méditerranée. Thunnus orientalis occupe principalement le Pacifique Nord. Thunnus maccoyii se rencontre dans les eaux tempérées de l’hémisphère Sud. Le nom français « thon rouge » employé sans précision désigne souvent T. thynnus en Europe, mais ce sens régional ne couvre pas les deux autres espèces.
La couleur rouge sombre de la musculature reflète une forte teneur en myoglobine associée à une nage soutenue. Elle n’est toutefois pas un caractère taxonomique suffisant : d’autres thons possèdent aussi une chair rouge, et l’identification repose sur un ensemble de caractères morphologiques, la provenance et, lorsque nécessaire, des marqueurs génétiques.
Physiologie et migrations
Les thons rouges présentent une endothermie régionale. Des échangeurs vasculaires à contre-courant limitent les pertes de chaleur produite par les muscles et permettent à certaines parties du corps de rester plus chaudes que l’eau environnante. Cette capacité soutient l’activité dans une large gamme thermique sans faire de ces poissons des animaux à température corporelle uniformément constante.
Leur cycle comporte de vastes migrations entre zones d’alimentation et zones de reproduction. Les unités de gestion ne se confondent pas toujours avec les limites de l’espèce : elles peuvent distinguer des stocks ou composantes reproductrices au sein d’un même taxon. Les catégories de conservation et les évaluations halieutiques ont donc une date, une zone et une méthode propres.