
Qu'est-ce que la nécrose pancréatique infectieuse (NPI) ?
La nécrose pancréatique infectieuse (NPI, ou IPN en anglais) est une maladie virale touchant surtout les jeunes salmonidés d’élevage. Elle est provoquée par le virus IPNV, un birnavirus aquatique. Détecter ce virus chez une espèce ne signifie pas automatiquement que cette espèce développe une NPI clinique : la sensibilité, l’âge, la souche virale et les conditions d’élevage modifient fortement l’expression de la maladie.
Quels poissons sont les plus exposés ?
Les épisodes cliniques caractéristiques concernent principalement les alevins et jeunes saumons, truites et ombles, souvent autour du démarrage de l’alimentation. La sensibilité diminue généralement avec l’âge. Des poissons plus âgés peuvent toutefois rester infectés sans signe apparent et excréter le virus.
La présence de l’IPNV a été rapportée chez de nombreuses espèces aquatiques, mais il faut distinguer la détection, le portage et la maladie. Il est donc imprudent d’affirmer que presque tous les poissons et mollusques sont cliniquement sensibles.
Quels signes doivent alerter ?
Une mortalité accrue chez de jeunes salmonidés peut s’accompagner d’une coloration sombre, d’un abdomen distendu, d’excréments filants, d’exophtalmie ou d’une nage désordonnée et spiralée. Ces signes ne sont ni constants ni spécifiques. Leur intensité et la mortalité varient fortement selon le lot ; un pourcentage fixe ne permet pas de confirmer la NPI.
Comment confirmer le diagnostic ?
Le contexte du lot, les signes et les lésions orientent l’enquête, mais ne distinguent pas à eux seuls la NPI d’autres maladies. La confirmation repose sur des analyses de laboratoire : RT-PCR en temps réel selon une méthode validée et, selon l’objectif, isolement viral en culture cellulaire, identification du virus et histopathologie.
Le vétérinaire et le laboratoire doivent définir avant l’envoi les poissons à prélever, les organes, le conditionnement et les délais. Un résultat positif s’interprète avec l’âge, l’espèce, les lésions et la situation épidémiologique.
Transmission et prévention
Le virus peut circuler avec les poissons infectés, l’eau, les œufs contaminés en surface, le matériel et les mouvements entre unités. La prévention associe des reproducteurs et œufs de statut connu, une hygiène adaptée, du matériel dédié, la séparation des lots, la maîtrise des entrées et des effluents ainsi qu’une réaction rapide aux mortalités inhabituelles. Il n’existe pas de traitement antiviral curatif usuel d’un lot atteint.
La NPI n’est plus une maladie listée par l’Organisation mondiale de la santé animale. Elle reste néanmoins importante en salmoniculture et peut relever de programmes ou mesures nationaux particuliers. En France, demandez au vétérinaire et aux services compétents quelles obligations s’appliquent à la situation précise.