Amphihaline
Amphihaline qualifie une espèce migratrice dont le cycle biologique comporte des phases régulières en eau douce et en mer. Le terme englobe plusieurs stratégies diadromes et ne précise pas, à lui seul, le milieu où se déroule la reproduction. Les passages par l’estuaire s’accompagnent d’ajustements physiologiques et surviennent à des stades propres à chaque espèce.
Stratégies migratoires
Une espèce anadrome se reproduit principalement en eau douce et accomplit l’essentiel de sa croissance en mer ; les saumons illustrent ce cycle, sans en épuiser la diversité. Une espèce catadrome, telle que l’anguille européenne, grandit surtout dans les eaux continentales avant de rejoindre la mer pour se reproduire. Chez une espèce amphidrome, le changement de milieu intervient pendant le développement sans constituer la migration reproductrice des adultes.
Cette classification décrit un cycle biologique et non une simple tolérance à la salinité. Une espèce euryhaline supporte une large gamme de salinités, mais peut rester dans un estuaire ou un bassin sans migration amphihaline. Inversement, la capacité osmorégulatrice d’une espèce amphihaline varie au cours du développement et peut n’être pleinement fonctionnelle que pendant certaines fenêtres migratoires.
Le franchissement de la transition entre eau douce et eau de mer modifie les flux d’ions et d’eau à travers les branchies, le rein et l’intestin. Les transformations hormonales et cellulaires associées préparent l’animal au nouveau milieu ; leur calendrier diffère entre anadromes, catadromes et amphidromes.
Enjeux de conservation
La continuité entre mer, estuaire et cours d’eau conditionne l’accomplissement du cycle. Les obstacles, turbines, prises d’eau, changements de débit, altérations estuariennes et pertes d’habitat affectent des stades différents selon l’espèce. La conservation repose ainsi sur la connexion de plusieurs milieux et sur leur disponibilité au moment des migrations, plutôt que sur la protection d’un seul site.