Anaérobie
Anaérobie qualifie un organisme qui n’a pas besoin d’oxygène moléculaire pour croître et, par extension, une condition où l’oxygène n’est pas utilisé par le phénomène étudié. Le mot ne signifie pas que tous les organismes concernés réagissent de la même manière : certains sont sensibles à l’oxygène, tandis que d’autres alternent entre métabolismes aérobies et anaérobies.
Types d’organismes
Un anaérobie strict se développe seulement en l’absence d’oxygène libre. Un organisme anaérobie facultatif peut utiliser l’oxygène lorsqu’il est présent, mais dispose d’autres voies en son absence. Un organisme aérotolérant ne l’utilise pas pour produire son énergie tout en supportant son exposition. La fiche processus anaérobie détaille les transformations métaboliques plutôt que la qualification des organismes et des milieux.
Certaines bactéries respirent sans oxygène en employant un accepteur final d’électrons différent, tel que le nitrate. D’autres obtiennent de l’énergie par fermentation. Ces mécanismes ne sont pas synonymes.
La sensibilité des anaérobies stricts à l’oxygène résulte notamment de leur capacité limitée à neutraliser certaines espèces réactives de l’oxygène. Elle varie toutefois entre organismes. La présence transitoire d’oxygène, sa concentration et la durée d’exposition produisent donc des réponses différentes selon les systèmes enzymatiques de protection disponibles.
Milieux aquatiques
Un sédiment ou une zone d’eau peut devenir anaérobie lorsque la consommation d’oxygène dissous dépasse son renouvellement. Cette situation favorise des communautés microbiennes particulières et peut produire des composés indésirables. La qualification exige néanmoins une mesure ou un indicateur adapté ; une faible concentration en oxygène n’établit pas automatiquement une absence totale.
Dans un sédiment, l’oxygène peut disparaître à quelques millimètres de l’interface alors que l’eau sus-jacente reste oxygénée. Les microorganismes exploitent ensuite d’autres accepteurs d’électrons selon leur disponibilité énergétique, notamment le nitrate, des oxydes métalliques ou le sulfate. « Anaérobie » décrit ainsi une condition locale qui peut coexister avec un milieu globalement aéré.